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Histoire du piano


Cours de piano pour tous

   
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Lorsque l'on regarde de près un piano, on constate que cet instrument est composé de matériaux complètement différents voire disparâtres. Il en est de même pour les corps de métiers distincts qui le fabrique. On y trouve de la fonderie pour le cadre, de la précision d'horlogerie pour le mécanisme, de la lutherie pour la table d'harmonie, de l'ébénisterie pour le meuble.
Si on pouvait remonter le temps on s'appercevrait qu'il n'y a pas l'histoire du piano, mais les histoires du piano car c'est un instrument composite fait de passion et de patience.

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Les différentes parties d'un piano

A l'intérieur d'un piano moderne, enfoui au plus profond de l'instrument, existe toujours son ancêtre qui était déjà joué dans l'antiquité et au moyen-age.
Cet ancêtre commun également au clavecin est le Psaltérion.

Psaltérion
Psalterion

Le mot psaltérion vient du mot psaume, car c'était l'instrument de musique de prédilection du Roi DAVID.

Contrairement à l'idée reçue, le Roi Hébreux n'a pas composé le recueil des psaumes de la Bible en s'accompagnant à la harpe, car celle-ci était un instrument égyptien utilisé par les prostituées. Ces pratiques étaient très mal considérées chez les Juifs.

On peut dire que l'ancêtre des pianistes est...
le Roi DAVID... (...Mais je m'avance).



 

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Représentation au moyen-age du
Roi David jouant du psaltérion.

 

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Jeunes filles égyptiennes jouant de la harpe.

 

 

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Comment jouait-on de cet instrument ? Et bien il n'y avait pas encore de clavier à cette époque et plusieurs manières de jouer coexistaient, suivant la forme du psaltérion. Mais les deux façons les plus répandues étaient, soit de crocheter les cordes avec des becs de plumes de corbeaux ou d'oies, on appelle cela pincer la corde, soit frapper sur les cordes à l'aide de petits maillets en bois, comme sur un xylophone, c'est à dire à la manière d'un instrument de percussion.

Dès le départ les deux manières de jouer cohabitent, l'une n'est pas antérieure à l'autre. On pince la corde, comme plus tard fera le mécanisme du clavecin, on frappe la corde avec un petit marteau, comme fera plus tard le piano avec un autre mécanisme.

Des dérivés du psaltérion existent toujours notamment dans certaines musiques folkloriques des pays de l'Est comme par exemple le Tympanon.

  Tympanon actuel

Tympanon actuel (cordes frappées).

Ce psaltérion traverse allègrement l'antiquité sans encombre, mais au début du moyen age, vers les année 700 après J-C, le psaltérion et le luth, arrivent en Europe avec les Arabes qui envahissent d'abord tout le Magreb, puis traversent le détroit de Gibraltar (Djebel Tariq), remontent vers le nord dans toute l'Espagne, puis la France jusqu'à Poitiers.
Je ne sais quels instruments de musique utilisaient à cette époque les tribus Gauloises, en l'occurence il s'agissait dans le sud de la France des Wisigoths, mais ces deux instruments exotiques firent, dirions nous... sensation. La guitare n'apparaîtra que bien plus tard, d'abord en Espagne puis dans toute l'Europe.
- A présent, nos deux nouveaux instruments deviennent les compagnons inséparables des premiers troubadours et ménestrels qui allaient de chateaux-forts en chateaux-forts à l'âge de la féodalité naissante après la chute de l'empire Romain. C'est la chanson de geste de Roland à Roncevaux. Une époque très troublée entre plusieurs civilisations ou le Christianisme avait du mal à s'imposer face aux Ariens, et ou la France n'était pas encore un pays.
A ces instruments étrangers pouvaient se joindre des flûtes, des tambourins, des vièles, une harpe Celtique ou Gaëlique, peut-être aussi des cornemuses, des bombardes, et c'était la fête au chateau.

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Joueur de luth arabe
Joueur de luth arabe

 

Un luth
Luth

 

Musiciens jouants de la harpe, du luth, et du psaltérion

Musiciens,Troubadours.
   (Harpe, Psaltérion, Luth).

 

C'est la fête au chateau
.

 

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Alors que le psaltérion était resté pratiquement inchangé depuis l'antiquité, pendant tout le moyen age, le pauvre se transforme suivant les régions qu'il traverse. Avant, il n'avait qu'un côté arrondi, maintenant il en a deux et s'appelle "Nez de cochon". On trouve même des psaltérions pointus qui se jouent avec un archet comme pour le violon.

Psaltérion nez de cochon

 

 

 

Psaltérion "Nez de cochon".
(avec ses plumes d'oie).

 

 

 

Psaltérion à archet.

psaltérion à archet

 

Parfois aussi, il prend le nom de "Dulcimer Hammered", pour faire la différence avec un "Dulcimer" normal, ou parfois "Cymbalum". Ce nom de cymbalum est à retenir car les premiers psaltérions dotés de claviers s'appelleront "Clavicymbalum" ce qui donna plus tard le nom de "Clavecin".

Le psaltérion se tranforme et surtout prend du volume. Il était arrivé avec les ménestrels, petit, chétif, maigrelet, à présent il ne quittera plus les châteaux et la noblesse l'adopte.

 

 

 

Femme noble jouant du psaltérion.

 

 

 

Toute la famille participe.

 

 

 

Même les anges s'en mêlent....

 

 

cymbalum imposant

 

Nous sommes au XVème siècle et l'instrument est devenu imposant.
En réfléchissant... avec des sons fixes... il serait peut-être... en théorie... possible d'adjoindre un "CLAVIER", ce qui le rendrait vraiment polyphonique...
Avec dix doigts les combinaisons et possibilités harmoniques seraient décuplées et beaucoup plus complètes qu'avec l'ancien système archaïque des plumes et des maillets...
- Ces transformations vont faire subir un véritable bouleversement au Psaltérion. -

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Mais avant d'aller plus loin... d'où vient ce clavier ?

Un autre instrument qui venait, lui aussi de très loin, avait une avance mécanique et technologique beaucoup plus élaborée que tous ces instruments à cordes. De plus sa mécanique était vitale pour pouvoir tirer un son maîtrisé car on utilisait des raccourcis mécaniques, des valves, des soupapes, des systèmes pneumatiques. Il fallait un lieu de commande de la machine qui représente à la fois le mécanisme, et aussi le spectre sonore de toute l'étendue de l'instrument, cela, avec une disposition rationnelle pour faciliter le jeu...    Donc un "CLAVIER".

Cet autre instrument à clavier est "l'ORGUE". On peut dire aussi les grandes orgues en référence au nombre de tuyaux.
- Ce sont les grandes orgues qui firent don de leur "CLAVIER" à la Cythare du Roi DAVID.

Mais pour bien comprendre l'apparition et l'enjeu de ce clavier il faut faire un rapide historique de l'orgue.
- L'orgue fut inventé par Ctésibios, un grec d'Alexandrie vers le IIIème siècle avant J-C. Il fabriqua un mécanisme hydraulique pour faire jouer une flûte de pan.

 

Flûte de Pan

Non, ce n'est pas un orgue mais une flûte de Pan.

 

 

 

Une reproduction de la machine de Ctésibios qui s'appelle l'hydraule.

hydraule

Les premiers systèmes de claviers étaient plutôt rustiques, des tirettes que l'on actionnait pour faire passer l'air dans les tuyaux. Puis ce fut des petits leviers que l'on appelait clavettes (petites clés) qui ouvraient ou fermaient des soupapes. Aucun de ces claviers n'étaient standards et il fallut arriver au XIIIème siècle pour élaborer petit à petit un modèle unique.

 

 

Clavier au moyen-age

Petit orgue portatif

 

 

 

 

Un petit orgue avec son clavier qui bouche
et débouche les soupapes au gré du jeu de la
musicienne, pour laisser l'air du soufflet actionné
par la "Souffleuse", emplir les tuyaux.

 )

 

 

 

 

Reproduction d'un orgue portatif de la renaissance

Orgue Portatif

L'orgue s'agrandit

 

 

 

Au fil du temps, l'orgue s'agrandit
et reçoit son pédalier.

Petite parenthèse en ce qui concerne l'orgue.
- L'orgue est considéré depuis longtemps comme un instrument liturgique et nous sommes habitué à le trouver en entrant dans une église. Il accompagne les chants le dimanche, improvise lors de l'offertoire, joue le grand jeu dans les "Alleluia" et les "Sanctus", rattrape les petites grand-mères quand elles chantent faux, déploie son "Tutti" à la fin de la messe dans un joyeux duo avec les cloches, bref, un "Personnage" sympathique et débonnaire qui participe à la vie de l'office.
- Pourtant à l'origine ce n'était pas du tout le cas. L'orgue, considéré comme démoniaque, était banni par l'église. C'est normal car l'instrument accompagnait, entre autres, les jeux du cirque et notamment les supplices des chrétiens dans l'arène. On imagine que pendant longtemps cette sonorité infernale qui emplissait la ville, même au loin, resta ancrée dans l'oreille des premiers adeptes du Christ, jetant l'effroi sur l'église naissante.
Il faudra attendre 700 ans passés pour que le premier orgue, cadeau de l'empereur de Byzance à Pépin le Bref, (il s'agissait d'un orgue en or incrusté de pierres précieuses), puisse à nouveau intégrer la pompe d'un roi d'occident. Tout de suite les moines apprirent la facture de l'instrument selon le savoir-faire byzantin, et c'est comme cela que les premiers orgues apparurent dans les églises.

 

 

 

 Pour en terminer avec les orgues,
je vous propose cet instrument (à droite) Qu'a t-il de particulier ?....
Et bien c'est le plus vieil orgue du monde actuellement en état de marche. Il se trouve à Sion en Suisse, dans l'église Notre Dame de Valère.

Le plus vieil orgue du monde

Maintenant que l'on peut, en théorie, adapter un clavier à un psaltérion, il faut trouver le mécanisme qui reproduira le son de la corde pincée, ainsi que celui de la corde frappée, comme à l'origine de l'instrument. Nous sommes au XVème siècle, donc fin moyen-âge, et les premiers ingénieurs mécaniciens, issus des corporatismes médiévaux, commencent à proliférer avec de véritables plans élaborés.
Tout se mécanise, machines à moudre, à plier, à battre, engins de levage issus de la construction des cathédrales, bielles, manivelles, horloges, engrenages...
Les instruments de musique bénéficient de cet apport technologique et tout de suite le clavecin prend l'avantage sur le piano car la pièce maîtresse du mécanisme de celui-ci est découverte, c'est le "Sautereau".
Maintenant les sautereaux sont en matière plastique, mais à l'origine il s'agissait de languettes de bois munies de becs de plumes de corbeaux ou d'oies, insérés.

 

Sautereau (parcequ'il saute.)

Sautereau de clavecin

Quand, sous l'action d'une touche enfoncée, le sautereau de celle-ci saute :
- Le plectre, (à l'origine le bec de plume) en se soulevant pince la corde (1) au passage (4) ce qui produit le son.
- Le mouvement entraine la languette (3) qui bascule en arrière grace à son pivot (2).
- Quand le sautereau redescend, un ressort en poil de sanglier situé à l'arrière du sautereau, replace la languette verticalemnet dans son sautereau, le plectre se retrouvant sous la corde prêt à resservir et la corde s'immobilise grâce à l'étouffoir (5) pour empêcher toute vibration intempestive.

 

 

  Voilà ce que l'on pouvait obtenir...
Un coffre transportable doté d'un clavier et muni d'un couvercle (sur la photo le couvercle est absent).
On pose le tout sur une table et... on joue.
En cliquant sur l'image pour l'agrandir, remarquez une ligne de petits cubes sérrés les uns à côté des autres au milieu de l'instrument, ce sont les petits sautereaux.

 

Si tout se passe bien côté clavecin et cordes pincées grâce au sautereau, pour ce qui est du piano à cordes frappées c'est plutôt... decevant. En effet, le fait de moduler l'intensité du son (fort ou doux), complique sérieusement le mécanisme à élaborer. Pour le clavecin, comme pour l'orgue, ce problème n'existe pas car l'intensité est toujours la même quelque soit la force éxercée sur la touche, mais pour le piano qui est sensé moduler l'intensité du son, c'est une toute autre histoire, et puis une fois que la sonorité se propage, il ne faut pas que celle-ci se mélange avec les derniers sons arrivés, sinon c'est la cacophonie, donc il faut un deuxième mécanisme pour faire disparaître les sonorités au fur à mesure, c'est à dire un système d'étouffoirs synchronisé avec l'enfoncement de la touche. Pour le clavecin c'est facile, c'est le sautereau qui gère tout cela.
A cette époque ces technologies ne sont pas encore découvertes et le son est étouffé simplement par une bande de feutre qui entoure les cordes. Mais au fait... Comment s'appelle cet instrument merveilleux à problèmes ? Même là... l'enthousiasme de la créativité fait défaut. Cet instrument se nomme tout simplement le "Clavicorde".

 

 

En cliquant sur l'image pour l'agrandir, on aperçoit la bande de feutre rouge qui entoure les cordes pour étouffer le son après son éxecution.

 

 

 

Clavicorde au couvercle décoré muni de sa bande de feutre rouge pour étouffer le son.
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